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Des Québécois au Jordan Travel Mart
«
Tours Cure-Vac vend la Jordanie depuis une
quinzaine d’années, mais je suis venu pour découvrir
de nouveaux produits susceptibles d’être incorporés
à
notre programmation », explique Emad Turaby,
gérant des groupes et des produits du grossiste
montréalais. M. Turaby fait partie de la centaine
représentants
des grossistes nord et sud-américains invités au
Jordan Travel Mart, qui se tient les 23 et 24
février au Centre des congrès King Hussein Bin
Talal, au bord de la mer Morte.
Il n’est pas le seul québécois. Incursion Voyages,
de Québec, a délégué sa responsable des opérations
terrestres, Marie-Noëlle Guay. « Aujourd’hui,
j’ai 11 rendez-vous inscrits à l’agenda et j’en ai
18 demain », nous confiait cette dernière, au matin
du premier jour de la foire commerciale.

Au cours de celle-ci, une centaine de fournisseurs
jordaniens – agences réceptives, compagnies
d’autocars de tourisme, offices de tourisme locaux…
- tentaient d’offrir leurs services aux Sud et
Nord-Américains conviés pour l’événement. Pourquoi
seulement des Américains du Sud et du Nord?
Rassurer les Amériques
« Parce que nous cherchons à mieux nous implanter
sur ces marchés lointains, alors que les Européens
sont déjà nombreux à venir en Jordanie », répond
Malia Asfour, directrice de l’Office du
tourisme jordanien (le Jordan Travel Board
– JTB) pour l’Amérique du Nord et maître
d’œuvre de cette foire commerciale.
« En Europe, les consommateurs savent que la guerre
qui a fait rage dans la bande de Gaza et que tous
les soubresauts du conflit israélo-palestinien ne
nous affectent plus depuis que la Jordanie a signé
un traité de paix et normalisé ses relations
diplomatiques avec Israël, en 1996. Mais aux
États-Unis, par exemple, on nous associe à ce
conflit. Là-bas, tout ce qui s’appelle Moyen-Orient
fait peur. Or, nous sommes une nation qui vit en
paix avec tout le monde et qui bénéficie d’un
environnement politique stable. C’est pour
communiquer cette information que nous avons invité
tant de journalistes (NDLR : 17 d’Amérique du Nord,
dont six Canadiens, et 19 d’Amérique du Sud). »
Les récents événements de Gaza ont notamment affecté
Incursion Voyages, qui a été obligé d’annuler trois
groupes programmés pour Israël. « Mais la Jordanie
n’est pas touchée, note Marie-Noëlle Guay.
Aujourd’hui même, notamment, nous avons un groupe à
Petra. » Incursion Voyages programme la Jordanie
depuis un peu plus d’un an. « Deux de mes patrons,
Jean-Pierre Caron et Jean Paradis,
sont venus assister à la première édition du
Jordan Travel Mart, l’an dernier, et nous avons
envoyé ici un premier groupe à l’automne 2008. »

Combinée ou pas?
Les initiatives prises en marge du Jordan Travel
Mart ont notamment pour objet de convaincre les
grossistes d’augmenter la durée des séjours en
Jordanie. Malgré tout, Marie-Noëlle Guay estime que
la destination peut difficilement être vendue seule.
« Nos clients, qui font dix heures d’avion pour
venir ici, n’auraient pas l’impression d’en avoir
pour leur argent. C’est pourquoi nous la proposons
en combiné avec un autre pays. Le groupe qui
séjourne à Petra, en ce moment, visitera aussi Dubaï.
»
Chez Tours Cure-Vac, on propose la Jordanie dans le
cadre de combinés avec la Syrie, le Liban ou
l’Égypte. « Je suis notamment ici pour voir s’il
existe des alternatives valables aux moyens de
transport que nous utilisons actuellement pour faire
passer nos clients de Joranie en Égypte, révèle Emad
Turaby. Jusqu’ici, nous utilisons surtout les
traversiers. Ceux-ci font la navette entre Aqaba,
dans le sud de la Jordanie, et Nuebah, le port
égyptien du Sud du Sinaï, qui est à deux heures de
route du monastère de Ste-Catherine et à six heures
du Caire. »
Nouvelles idées
Mais M. Turaby était aussi en quête de nouvelles
idées à intégrer à la programmation de Tours
Cure-Vac. Et les nouvelles idées ne manquaient pas.
Au cours des conférences données en marge de la
foire commerciale, il a beaucoup été question de
volunturism (ce que nous appellerions
tourisme solidaire) appliqué aux circuits
traditionnels et d’écotourisme, une tendance qui,
selon les Jordaniens, s’inscrit de plus en plus dans
l’évolution des mentalités.
Frank Laflèche, qui agit depuis quatre ans
comme directeur du JTB pour le Canada, en poste à
Montréal, était également présent à ce salon. Il
nous a notamment parlé du nouveau grossiste Tours
Royal, lancé par Manouk Manoukian et
Pierre Doueii, qui agissent actuellement
comme agent général pour Royal Jordanian, au
Canada.
Rappelons que ce transporteur dessert la route
Montréal-Amman deux fois par semaine. Une bonne
vingtaine de t.o. québécois programment la Jordanie.
Parmi eux, Tours Chanteclerc, Voyages
Cassis, Jolivac, Sultana Tours et
plusieurs autres…
André Désiront
Carte postale #1 de Jordanie

Bonjour,
J’ai
demandé à la directrice générale de l’Office du
tourisme jordanien (Jordan Tourism Board - JTB) pour
l’Amérique du Nord, Malia Asfour, quel est le plus
grand défi auquel est confronté le JTB en Amérique
du Nord.
Sa réponse : « C’est de faire savoir que la Jordanie
est une destination sécuritaire. Les gens croient
que nous sommes en guerre, alors que nous sommes un
pays paisible, en paix avec tout le monde. »
La Jordanie est en effet une contrée accueillante où
les voyageurs occidentaux sont reçus avec le sourire.
Elle a ratifié un traité de paix avec Israël en
octobre 1994. Depuis, les touristes circulent
librement entre ces deux pays, qui ont fourni le
décor de l’histoire biblique.
Carte postale #2 de Jordanie

Bonjour,
Juchée
sur une des hautes collines déployées en lisière de
la vallée du Jourdain, la forteresse d’Ajloun a été
construite sous le règne de Saladin pour défendre,
contre les incursions des Croisés, le territoire qui
constitue aujourd’hui le nord de la Jordanie.
Nous venions d’explorer les entrailles de cet
ouvrage considéré comme un échantillon exemplaire de
l’architecture militaire arabe de l’époque, lorsque
nous sommes tombés sur Taylor Norris, un volubile
Américain du Colorado. Ce passionné gère un projet
emballant pour le compte de l’Université Harvard :
il supervise la mise en place de ce qui devrait
devenir un des plus populaires sentiers de randonnée
du monde, au même titre que les Chemins de
Saint-Jacques ou ceux de Saint-Paul : les Chemins
d’Abraham (voir le site
www.abrahampath.org).

Le projet initial porte sur un itinéraire de 1 200
kilomètres, de Sanliurfa, en Turquie (lieu présumé
de naissance du fondateur des trois grandes
religions monothéistes), à Hébron, en Cisjordanie (où,
selon la tradition, se trouverait son tombeau). Le
trajet passe par Alep, en Syrie, Ajloun, Jéricho et
Jérusalem.
« L’idée était, au départ, de jeter des ponts
physiques et psychologiques entre les gens de la
région et les touristes du monde entier qui
appartiennent à ces trois religions », nous a
expliqué Taylor Norris. « Et, naturellement, de
créer des emplois dans les communautés locales qui
vivent sur le parcours. »
Lorsque nous lui avons parlé, sur une plateforme de
la première enceinte d’Ajloun, Taylor Norris était
accompagné par Mahmoud Twaissi. Ce dernier est
responsable de la partie jordanienne du Chemin
d’Abraham, qui comporte un segment de 120 kilomètres
dans le nord montagneux de la Jordanie.
André
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Carte postale #3 de Jordanie

Il
pleut, à Amman, et les Jordaniens
sont contents, car il n’a pas plu
depuis des mois. Nous apprécions
moins, mais ce matin, cela n’avait
pas beaucoup d’importance, puisque
nous avons passé la matinée à la
Al-Hussein Society, un centre de
rééducation pour les enfants
affligés d’un handicap physique.
Que font 17 journalistes en voyages
d’Amérique du Nord dans un tel
établissement? Du «voluntourism»,
terme qu’on pourrait traduire
littéralement par «tourisme de
volontariat», mais qu’en français,
il serait plus approprié de
qualifier de «tourisme solidaire».

C’est une idée de Malia Asfour,
grande patronne de l’Office du
tourisme jordanien pour l’Amérique
du Nord. Elle a imaginé que, si des
consommateurs étaient prêts à passer
six ou huit semaines à l’étranger
pour construire des écoles ou
creuser des puits, les touristes qui
choisissent d’effectuer un circuit
traditionnel apprécieraient
peut-être le fait de consacrer
quelques heures ou une journée à une
activité de tourisme solidaire qui
les mettrait en contact avec des
travailleurs du pays qu’ils visitent.
Une brève immersion dans la vie
quotidienne des «locaux», quoi!
J’ai passé ma matinée à agir comme «juge
de ligne» pour une course en
fauteuils roulants, à distribuer des
collations et à aider une petite
fille paraplégique mignonne à
croquer à se servir d’une souris et
d’un clavier pour colorier des
dessins à l’ordinateur.
L’après-midi était déjà bien avancée,
lorsque nous avons tenté une autre
immersion – celle-là dans le
fouillis urbain de cette ville de
2,7 millions d’habitants qu’est
Amman!
André |
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Carte postale #4 de Jordanie

Bonjour,
J’avais
visité la ville sacrée des Nabatéens en novembre
2006, à la faveur d’un voyage de familiarisation au
Liban et en Jordanie organisé par Jolivac. Mais je
n’avais pas fait l’excursion «Petra la nuit», qui
n’est offerte que trois fois par semaine : les
lundis, mercredis et jeudis. Pour l’occasion, on
dispose 1 200 lampions le long du Siq, le défilé
sacré long de 900 mètres qui mène au «Trésor», le
tombeau taillé dans la falaise de grès rose qui
symbolise Petra aux yeux du monde.
Nous
étions entre 150 et 200 personnes à nous suivre à la
queue leu leu, ce qui gâchait un peu la magie (« En
saison, il y a six fois plus de monde, et encore,
nous en refusons », m’a expliqué un préposé du
centre d’accueil). Sur l’esplanade sablonneuse qui
sert de parvis au Trésor, les visiteurs sont invités
à s’asseoir entre plusieurs rangées de lampions qui
jettent une pâle lueur rose sur les colonnades du
tombeau.
Le silence est de mise pendant une quinzaine de
minutes, puis un chanteur qui s’accompagne d’un
instrument à cordes entame une mélopée incantatoire
en arabe. Lorsqu’il a terminé, tout le monde prend
le chemin du retour. Les plus malins se ruent vers
l’avant ou s’arrangent pour être les derniers, de
manière à se retrouver seuls entre les hautes parois
du défilé.
André
Carte postale #5 de Jordanie

Bonjour,
Le
Wadi Rum est cette partie du désert jordanien
caractérisée par d’étonnantes formations rocheuses
qui émergent du sable. Situés à mi-chemin entre
Petra et la station balnéaire d’Aqaba, les lieux
font un peu penser à Monument Valley, en Arizona, à
cette différence près qu’ici, le sommet des massifs
rocheux n’est pas plat, mais joyeusement tourmenté.
On y a tourné plusieurs films comportant des scènes
de désert, notamment la superproduction Lawrence
d’Arabie.
Le gouvernement a délimité un territoire de 510
kilomètres carrés et l’a classé réserve naturelle
pour en protéger la faune et la flore. Les Bédouins,
qui y faisaient paître leurs troupeaux de chèvres et
de moutons, ont été sédentarisés et regroupés dans
le petit village de Rum.
Pas question de s’engager sur les pistes
sablonneuses du Wadi Rum avec un véhicule ordinaire.
Les autobus de tourisme se stationnent au Centre des
visiteurs et les 4X4 conduits par des Bédouins
prennent le relais.

Ce soir-là, nous devions coucher au Captain’s
Private Camp, un des camps de tentes en poils de
chèvres exploités par les Bédouins pour loger les
touristes. Il était dressé à l’abri d’une énorme
formation rocheuse. Mais une tempête de sable s’est
levée progressivement pendant que nous soupions et
dansions atour d’un feu de camp. Vers 2 h du matin,
les vents tourbillonnants ont eu raison d’une des
tentes qui s’est écroulée sur quatre journalistes
américains, qui s’en sont heureusement tirés avec
plus de peur que de mal.
Le lendemain matin, la tempête, un peu apaisée,
continuait à charrier le sable en rafales jusque
dans les sandwichs du petit-déjeuner...
André
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